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Interview avec Theodor Magder, conseiller du Président de l’Association des Organisations et des Communautés juives de République de Moldavie

 

Monsieur Theodor  : Bonjour, je suis très heureux de faire votre connaissance.

Rédaction  : Vous parlez très bien le français. Dites-nous comment avez-vous maintenu votre niveau de français jusqu’à ce moment ?

Monsieur Theodor  : J’ai appris le français pendant que j’étais élève à l’école secondaire. Il y a beaucoup d’années. C’était dans les années 60 !

Rédaction  : Donc vous avez été un bon élève puisque je constate que vous vous exprimez très correctement !

Monsieur Theodor  : Vous savez, j’ai été à une conférence à Varsovie en tant que représentant de la Moldavie et on m’a demandé où j’ai appris le français et combien d’années j’ai passées à Paris pour apprendre cette langue. J’ai répondu : à Paris, j’ai été 10 jours. Ils m’ont dit : oh la la, vous avez appris le français en 10 jours ? C’est un succès extraordinaire ! Mais moi, j’ai appris le français à l’école, pas en France.

Rédaction  : Mais vous avez eu des occasions pour exercer cette langue ?

Monsieur Theodor  : Oui, mais assez rarement, occasionnellement, ce n’est pas une langue que je parlais chaque jour.

Rédaction  : Mais vous avez maintenu quand même votre niveau de français avec des lectures en français.

Monsieur Theodor  : Oui. Je suis au courant des événements de France. Je sais que la France a joué un rôle très important dans l’histoire de mon pays. C’est une influence culturelle et la langue française a des influences aussi dans notre langue, il y a des bases communes, latines.

Rédaction  : Quelle a été votre activité professionnelle ?

Monsieur Theodor  : J’ai achevé un institut pédagogique et je m’entretenais dans des questions concernant l’histoire, la littérature, les langues, les événements sociaux et économiques, cela veut dire un périmètre assez large. Maintenant, je m’exprime un peu avec des difficultés.

Vous savez, historiquement, la Moldavie se trouvait sous l’influence de 3 cultures : la culture occidentale, celle slave (de l’empire slave) et de l’empire ottoman. On était entouré par ces trois zones d’influence. Ce sont des repères historiques qui ont eu des répercutions assez heureuses pour le développement de la Moldavie.

La langue et la culture française sont encore présentes ici en Moldave.

Rédaction  : A présent, quelle est votre activité ?

Monsieur Theodor  : A présent je traduis en roumain le livre d’un citoyen juif né en Ukraine. C’est autobiographie écrite en russe. C’est une personne qui s’occupe des arts. C’est un livre assez intéressant pour la communauté juive de Moldavie et de Roumanie.

Nous vous remercions pour cette interview !

interview par François Renaut

 

Theodor Magder – profil à 85 ans ou la biographie exemplaire d’un homme remarquable de Bessarabie.

Un homme simple, modeste. Theodor Magder suit son destin sur les terres de la Bessarabie depuis 85 ans.

Un destin remarquable sur lequel on voit bien l’empreinte de l’histoire. Des lumières, des ombres, des joies, des tristesses.

Il aime raconter les histoires qui ont marqué sa vie.

Son origine ? Il est descendant d’une ancienne famille juive de Moldavie. Son grand-père a été décoré par le roi Carol I de Roumanie, son père a été avocat.

Theodor Magder est né à Iasi, le 30 octobre 1921. Il a fait ses études primaires à Chisinau et les études universitaires à la Faculté de Lettres et Philosophie de Bucarest. Le début de la guerre le surprend à Chisinau et il part à la guerre. Après 1945, il devient professeur d’allemand, ensuite il est rédacteur et traducteur. Entre 1981 et 1990, il travaille comme serrurier !

Dans les années ’90 il devient consultant, coordonnateur et chef du département de Relations Externes de la Diaspora Juive.

Il est aussi le directeur exécutif de l’Association des Organisations et des Communautés Juives de la République de Moldavie (AOCEM). Il participe à de nombreux symposiums, colloques, conférences et réunions internationales à Bucarest, Varsovie, Strasbourg, Nice, Kiev, Tel Aviv, Jérusalem où il présente des rapports concernant la situation linguistique et les droits des minorités nationales en République de Moldavie.

par Jean Popa