Pour developper vos affaires en Roumanie, en Moldavie et dans les pays Francophones
 

 

Interview avec Mme Violeta Moraru, Centre de Sociologie des Communautés et d’Etudes de Genre, Chisinau, République de Moldavie

 

Bonjour, nous sommes à Chisinau avec Madame Violeta Moraru au Centre…..

….au Centre de Sociologie des Communautés et d’Etudes de Genre.

Pouvez-vous nous dire depuis quand avez-vous appris le français et dans quelles ciconstances utilisez-vous cette langue ?

J’ai étudié le français dans le cadre de l’Alliance Française de Chisinau, j’ai étudié pendant 1 an et demi.

Au travail, dans le cadre du centre de sociologie, j’ai essayé d’entrer en contact avec les instituts de sondage de France. Je leur écrivais les messages en français et je recevais les réponses. Donc, ce fut utile de parler, d’écrire et de comprendre cette langue.

Le français m’a servi aussi à une interview de sélection pour émigrer à l’étranger.

 

Maintenant, vous êtes directrice exécutive du Centre de Sociologie. Pouvez-vous nous un peu votre centre, votre activité…

Notre institut a été enregistré en 1997 et nous avons comme but la réalisation des sondages sociologiques. A cette époque-là, on faisait 3-4 sondages sociologiques par an. Je parle des sondages médiatisés. Dès janvier 1998, nous avons entamé une belle collaboration avec des instituts similaires de Roumanie IMAS et CURS.

Nous avons réalisé le premier baromètre d’opinion publique avec la fondation Soros et l’Institut de Politiques Publiques. Les premiers sondages ont eu comme sujet la situation politique et socio-économique.

Est-ce que vous avez réalisé d’autres sondages à part ceux du domaine économique – politique ?

Oui, en 1998, nous avons réalisé le premier sondage sociologique concernant la vie des femmes en République de Moldavie et leur statut. Cette étude a été répétée en 2000 et en 2001 et suite à ce sondage on a pu en tirer des conclusions, élaborer des stratégies concernant le statut de la femme en Moldavie.

Pouvez-vous nous donner 2-3 caractéristiques de la situation de la femme ? Que se passe-t-il ?

Un fait majeur : la violence ; il faut mentionner que la violence dans la famille moldave est souvent et toujours présente. Ensuite, plus de 80% des femmes interviewées ont affirmé qu’elles prennent soin de la maison, des enfants, du ménage, elles font la cuisine etc. En plus, elles vont aussi au travail. Ce sont des femmes occupées !

Mais la situation est moins bonne à la campagne, dans les villages moldaves, là où seulement les maris sont restés parce que les femmes sont parties à l’étranger pour travailler.

On parle beaucoup d’un exode massif de la population moldave vers l’Occident mais aussi vers la Russie. On parle de chiffres de 20-30%. Croyez-vous que la situation économique s’améliorera ? Car ce n’est pas sain pour un pays que la main d’oeuvre manque.

Oui, on le sait bien que les femmes partent travailler surtout en Espagne, en Italie et les hommes en Russie, au Portugal. Oui, c’est vrai qu’il y a beaucoup de moldaves qui sont partis, mais j’espère quand même que la situation économique reprendra sa normalité. J’ai des collègues qui ont réussi à avoir des affaires et si on leur parle de l’émigration, ils réagissent négativement. Mes collègues ont des études supérieures, des doctorats. On s’appuie sur ce genre de personnes qui resteront quand même en Moldavie.

Croyez-vous que la difficulté désormais d’entrer en Roumanie poussera les Moldaves à se diriger vers la Russie ?

Je crois que cette situation aura une solution. Les citoyens moldaves essayeront de toute façon de quitter leur pays, ils se débrouillent pour entrer en Roumanie et ensuite en Europe.

Pour les enfants, pour les jeunes, quelle est leur situation ? Comment caractériseriez-vous la famille typique moldave ?

La famille typique actuelle peut être caractérisée ainsi : un parent parti (soit le père, soit la mère). L’enfant est élevé par les grands-parents. C’est un handicape dont ils se rendront compte plus tard. On oublie quand même que cette génération remplacera la génération actuelle.

Votre Institut a-t-il une capacité d’avertissement, de sensibilisation envers les ministères, les associations, le gouvernement ?

Nous avons réalisé en 2006 une étude avec le Ministère de l’Education et de la Jeunesse, étude concernant la Situation des jeunes familles et des jeunes en général. Ce sondage étude sera à la base de la réalisation d’une stratégie d’aide.

Une dernière question : vous êtes optimiste ?

Oui, je suis extrêmement optimiste !

 

par François Reanut