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Interview avec Monsieur Dumitru Moldovan, ASE Moldova (Académie des Etudes Economiques)

www.ase.md

 

 

Rédaction : Vous êtes Monsieur Dumitru Moldovan de l’Académie des Etudes Economiques de Chisinau, République de Moldavie. Est-ce que vous pouvez nous présenter la place des études économiques et votre académie ?
 
ASEM : Notre académie c’est une université économique avec plusieurs facultés avec un profil économique y compris la faculté de relations internationales. Maintenant notre académie se trouve en processus de réforme parce qu’on doit s’harmoniser, s’adapter au modèle européen. De ce point de vue on vient de passer au système des cycles : licence, maîtrise, doctorat. C’est ça notre souci quotidien maintenant.
 
Rédaction : Est-ce que c’est une vraie difficulté de passer d’un système différent avec lequel vous vous étiez bien habitué à un ensemble caractérisé par «l’occidentalisme » ?
 
ASEM : Oui, c’est un changement de forme. C’est difficile du point de vue des méthodes d’études. On le fait pas à pas. Il faut implémenter un système européen différent. C’est difficile parce qu’il faut intégrer tout le système, pas seulement quelques éléments.
 
Rédaction : Est-ce qu’il vous manque des professeurs qui viennent d’Europe, des soutiens pédagogiques ? Qu’est-ce que vous aimeriez recevoir de plus ?
 
ASEM : Pour nous, c’est essentiellement d’appliquer des méthodes modernes d’enseignement. Il faut faire des partenariats avec des universités de l’étranger pour voir comment les choses fonctionnent chez eux, des coopérations entre les universités. Cela concerne aussi la mobilité des professeurs. C’est difficile en  l’absence de professeurs formés aux niveaux métiers qui nécessitent la compétition internationale. C’est un pays où l’économie de marché n’a pas existé pendant longtemps, donc c’est difficile d’expliquer par exemple le marketing qu’on n’a jamais pratiqué, même de façon théorique. Le système change très lentement et très difficilement.  Il faut tenir compte du niveau de formation des professeurs. Si le professeur a la possibilité de changer le système, il doit le faire. Le changement ne se fait pas tout seul. On a déjà élaboré le cadre, mais il faut continuer. La figure centrale, le professeur doit aussi se « mettre à jour ».
 
Rédaction : Il y a un déclin ou une évolution de la présence du français ? Les filières francophones connaissent le même succès qu’avant ?
 
ASEM : Je ne sais pas pourquoi, mais la France est venue plus tard ici en Moldavie, après d’autres pays. Mais la présence française est bien développée. On a des filières francophones depuis 10 ans déjà. On a des relations privilégiées avec des universités de France, surtout avec l’Université de Grenoble. Ces relations donnent la possibilité d’implémenter les nouvelles technologies d’enseignement. On a des stages de perfectionnement en France, des stages linguistiques de perfectionnement et professionnels dans des entreprises, ce qui est vraiment important.
 
Rédaction : Bonne chance avec votre académie et votre filière francophone !