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Interview avec Son Excellence
Monsieur Filip Teodorescu, Ambassadeur de Roumanie en République de Moldavie
Ambassade de la Roumanie en République de Moldavie
 

 

Rédaction : Monsieur l'Ambassadeur, c'est un moment historique qui marque la césure entre deux pays de culture et de langue commune. Qu'en est-il de cette nouvelle situation suite à l'adhésion de la Roumanie à l'Union Européenne (UE) ?

Ce jour du 1er janvier 2007, a sans aucun doute une signification toute particulière pour la place de la Roumanie en Europe, pour sa capacité à se manifester et à représenter ses ambitions dans le contexte européen. C’est un moment fondamental dans l’histoire de la Roumanie, comme l’ont souligné tous les intervenants importants dans leurs déclarations publiques.

Il est bien entendu que de par sa relation particulière avec la République de Moldavie, ce moment est de ceux qui entraînent une cascade de significations, liées et impliquées entre eux qui devront être gérées pour mettre en valeur la dimension positive de cet instant si exceptionnel et pour reformuler les relations en Europe et tout particulièrement les relations bilatérales.

Je voudrai souligner le fait que, par son attitude, la Roumanie désire que ce moment ne constitue en aucun cas un moment de blocage, élément qui, disons, par ses obligations envers l’UE, puisse porter préjudice à ses relations avec République de Moldavie. Bien au contraire, nous considérons, que la situation dorénavant favorable pour la Roumanie représente pour République de Moldavie une chance car elle devient voisine de l’UE. Et de ce point de vue, de par son processus d’extension l’UE et des relations de celle-ci avec les états voisins, crée un contexte qui n’est en aucun cas déficitaire, mais au contraire une source et un espace d’expression des valeurs, des principes qui fondent un centre de civilisation, un espace institutionnel. L’UE devient un modèle pour les pays, qui avant 1990 se trouvaient derrière le rideau de fer, et leur apporte la satisfaction à leurs aspirations de s’y intégrer.

C’es ainsi que cette attitude positive va se manifester aussi dans les relations entre l’UE et la République de Moldavie, déjà de par sa relation géographique, et la Roumanie dans ce contexte à une place d’interface directe et naturelle compte tenu de sa frontière commune. Dans l’ensemble de leurs relations, l’accent de la part de la Roumanie sera mis sur des éléments supplémentaires de soutien qu’elle pourra apporter dans le cadre du plan de reconstruction en Europe pour affirmer et mettre en pratique les aspirations européennes de la République de Moldavie. La Roumanie a salué le fait qu, au niveau des instances dirigeantes, tant les forces politiques que les institutions non gouvernementales, et de façon consensuelle, il existe un option majoritaire pour ce qui est de la perspective d’intégration dans l’UE. Cette situation, constitue incontestablement, confirme et renforce a perspective de coopération et de partenariat directe favorisant le chemin.

Il s’agit, comme on le sait, de la relation directe entre la République de Moldavie et l’UE, concrétisé par un ensemble de dispositions signé en février 2005 et qui constitue pratiquement un cadre important et utile.

Une fois la Roumanie adhérente de l’UE, elle-même partenaire direct agissant dans le cadre de l’UE pour la réalisation de plan, et en s’appuyant sur l’expérience acquise pendant la période de pré-adhésion et de préparation au processus d’intégration européenne. La Roumanie est en effet capable et détient les atouts qui de façon supplémentaire peuvent apporter une contribution complémentaire importante pour que ce plan d’actions se finalise avec succès.

C’est dans ce contexte, par exemple, que la Roumanie est l’un des facteurs sur ce que signifie la capacité d’intégration régionale que représente le processus de coopération dans le Sud Est de l’Europe afin d’assurer à la république de Moldavie une plate forme favorable comprenant à la fois un calendrier et un rythme assurant une perspective européenne avec une certitude élevée.

Sans doute un tel objectif a semblé ambitieux au début, tel qu’il a été défini dans les déclarations politiques des derniers temps. Dans ses déclarations politiques a manifesté, de façon claire, que la position de la Roumanie coïncide avec celle de la République de Moldavie, et réellement, sent que le contexte de la politique européenne de voisinage, pas ses efforts, par ses propres mérites, a le statut qu’elle désire mettre en valeur et qu’elle considère are plus favorable que la politique associant d’un point de vue géographique la politique européenne associant la République de Moldavie avec l’Ukraine et la Biélorussie. Une telle perspective qui associe la Moldavie aux états balkaniques constitue toutefois un élément favorisant l’expression européenne de la République de Moldavie par ses propres forces mais aussi par les interactions, qu’à son tour, l’UE lui apporte.

Je souhaite souligner qu’il existe des éléments complexes que la Roumanie prend en compte lorsqu’elle soutien avec conviction la République de Moldavie. Nous sommes résolument attentifs et intéressés au succès du chemin entrepris et à entreprendre. La résolution de la Roumanie assure d’un point de vue un complément de vigueur.

La formule, disons, financière- organisatrice par laquelle l’UE assure un niveau de coopération avec les états voisins, les pouvoirs d’affirmer et soutenir des projets de partenariat et de coopération créant dans cette zone ce potentiel, pour transformer les barrières et leurs limites actuelles pour apporter ses valeurs, ses standards, ses concepts, les idées et les principes qui fondent l’Europe et qu’elle entend bien partager avec ses voisins.

Rédaction  : Avez vous une idée du temps qu’il faut pour que la Moldavie devienne membre de l’UE ?

Je suppose que pour les analystes, surtout pour ceux qui se manifestent dans les médias, c’est plus simple de faire des pronostics, je me garde de faire une telle prédiction, mais ce que je peux vous assurer en tout premier, c’est que la Roumanie souhaite que l’intégration de la Moldavie se fasse le plus vite possible.

Nous mettrons tout en oeuvre du point de vue politique, mais pas seulement, son expérience qu’elle a eu dans le programme d’assistance et dont elle fera profiter la Moldavie d’autant plus facilement qu’il est constaté qu’il existe plus de 70% de la population qui soutient le processus d’intégration.

Pour autant il est vrai aussi qu’au niveau de l’UE il y a actuellement un moment de réflexion qui tient de la construction européenne, probablement ces éléments devraient assurer une dynamique interne dans le cadre de l’UE pour la réalisation de sa capacité d’extension. Il est de fait très important que la perspective européenne de la République de Moldavie puisse assurer dans cette région une capacité normale d’interaction entre les deux zones car elles ont de nombreux éléments en commun. Je constate que, à cause des changements d’un point de vue des rapports juridiques, sur le plan économique, l’accord de libre échange entre la Roumanie et la République de Moldavie perd sa validité.

De ce fait même si sont introduites des taxes de douane appliquées à certains secteurs sensibles et qui restreignent les échanges économiques la République de Moldavie bénéficie d’un statut et d’une position qui facilitent les affaires compte tenu aussi de la langue partagée entre nos deux pays. En mai 2005, une analyse portant sur les aspects commerciaux entre la Roumanie et la République de Moldavie, et sûrement a été mis en avant le problème de certains litiges à caractère commercial et sur une période de trois années seules 4 litiges ont été recensés !

C’est surprenant que cette « pénurie » de litiges qui nécessite un arbitrage commercial mette en évidence que la langue et la culture commune conduisent à une confiance réciproque et avantageuse.

par François Renaut et Inga Ermolaeva