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Găgăuzia – un pays méconnu

 

La Bessarabie, plus précisément le territoire de la Moldavie historique qui se trouve entre le Prut et le Nistru, est le pays adoptif des Gagaouzes, une population de langue turque, mais de religion chrétienne-orthodoxe. Apparus comme un peuple dans la région des Balkans (l’aréale Varna – Cavarna – Mangalia), les Gagaouzes ont commencé à migrer en Moldavie dans les années 1770. Après l’annexion de la Bessarabie à la Russie tsariste en 1812, les Gagaouzes se sont installés, en plusieurs étapes, dans la région de Buceac, une zone aride du sud de la province quittée par les Tatars.

La plupart des Gagaouzes (environ 200.000) habitent à présent sur le territoire de la République de Moldavie, dans une région compacte nommée Gagauz-Yeri (le Pays de la Gagaouzie) qui bénéficie d’un statut autonomie. 30.000 autres habitent dans la Bessarabie du Sud (Ukraine), et un petit nombre en Roumanie, Bulgarie, Grèce, Macédonie, Turquie, Kazakhstan, Uzbekistan et même au Brésil.

La Gagaouze a 3 villes principales : Comrat (centre de résidence de la province), Ceadir Lunga et Vulcanesti, la majorité de la population est concentrée dans les localités rurales. Ils sont connus pour la petite industrie (tapis, confections), production agricole, volaille (oies) et animaux, mais aussi des fruits, des raisins dont on fait du très bon vin rouge.

Comme les Roumains, les Gagaouzes ont le culte du loup, leur fête la plus importante est dédiée à cet animal. Le folklore Gagaouze, extrêmement pittoresque, présente beaucoup de connexions et motifs communs avec le folklore d’autres peuples balkaniques (bulgares, roumains, grecques, albanais etc.), mais aucune liaison ou ressemblance avec le folklore russe.

Parmi les Gagaouzes, il y a de nombreuses personnalités qui se sont affirmées dans des domaines différents : l’enseignement, la science, la culture, la vie sociopolitique, économique et militaire : on peut mentionner : le maréchal Alexandru Averescu, ancien premier ministre de la Roumanie, l’académicien Alexandru Barladeanu, ancien vice-premier et président du Sénat de la Roumanie, l’historien Mihail Guboglu, professeur à l’Université de Bucarest et « visiting professor » à Sorbonne etc.

Les savants français ont écrit des pages intéressantes sur les Gagaouzes, par exemple Serge Moscovici, directeur du Laboratoire Européen de Psychologie Sociale, ancien ministre dans le gouvernement de Lionel Jospin (1997-2002) ou Sylvie Gangloff, auteur des études sur l’histoire de ce peuple.

Un des plus connus spécialistes de l’histoire et de la culture des Gagaouzes est Monsieur Anatol Macris, né le 30 mai 1924 dans la ville de Besalma, auteur de nombreuses études concernant l’ethnogenèse, la langue et les traditions du peuple gagaouze.

Etabli en Roumanie, après la 2 ème Guerre Mondiale, Monsieur Anatol Macris a fait des études d’ingénieur constructions à L’Institut Polytechnique de Bucarest. En 1970, il a fait le doctorat en management des travaux électriques, devenant ainsi le premier docteur en management de Roumanie.

Suite à sa contribution à la construction du Complexe Hydroénergétique Portile de Fier I, en 1974, il reçoit la médaille ordre « Steagul Iugoslav » de la part du président de Yougoslavie, Iosip Broz Tito.

 

Monsieur Anatol Macris

Après la retraite, dans sa qualité de secrétaire général de l’Association d’Histoire Comparée des Institutions et du Droit (AICID), il déroule une riche activité de recherches surtout dans l’histoire des Gagaouzes.

A l’occasion d’une rencontre récente sur Bucarest, Monseur Anatol Macris (dans la photo) m’a présenté ses études, publiées en roumain et en français, des études sur le peuple Gagaouze, qu’il aime tant et qu’il a fait connaître au-delà les frontières de la petite région autonome de la République de Moldavie.

 

par Jean Popa