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Roumanie – République de Moldavie :

ponts culturels

Un roumain de Transnistrie, Eugen Doga,

fait la conquéte de Bucarest

 

en roumain

Eugen Doga est né le 1er mars 1937 dans le village de Mocra, ancien bastion à la gauche du Nistre, situé à 24 km de Râbniţa et 128 km de Chişinău. Les drames et les souffrances de son enfance (son père meurt pendant la seconde guerre mondiale alors qu’il n’avait que 7 ans, les préoccupations incessantes de sa mère et des grands parents pour manger chaque jour, les séparations dues à la frontière articifielle du Nistre et l’éloignement de la „petite patrie ” la Bessarabie) l’ont endurci lui „Jenea al Lisavetei Doga”, comme l’appelaient les habitants de son village. Son talent naturel et natif pour la musique devait mener ses pas vers l’école de musique de Chisinau, mais son affirmation comme artiste véritable et créateur de talent devait se révéler assez tôt. A 71 de ans, Eugen Doga est aujourd’hui consacré de fait comme l’un des plus grands compositeurs mondiaux et sa célèbre valse „Dulcea şi tandra mea fiară” (aussi dénommée la „valse du siècle”) a été inclue au Fond UNESCO comme un des chefs d’oeuvre du XX ème siècle.

La soirée du 31 mai 2008 restera comme inoubliable pour les nombreux bucarestois amoureux de musique et de l’art authentique. C’est ce soir, sous la coupole de l’Athénée Roumain, la salle étant archibondée, le grand compositeur Eugen Doga, accompagné par une équipe d’exception et soutenu par l’Orchestre Symphonique „George Enescu”, qu’il a donné une „première” avec le public roumain.

Seulement quelques jours auparavant, dans une longue interview, le maître a exprimé son impatience pour cette rencontre tant attendu avec ses futurs admirateurs: „c’est mon rêve suprême de toute ma vie, que j’ai porté tout le temps au coeur. Après les prestigieuses salles de Sankt-Petersburg, Kiev, Kaliningrad, Tallin, il me restait l’Ateneu Român tant rêvé… Il parait que le chemin vers Soi et vers sa maison est le plus difficile. L’île inexplorée est sans conteste l’espace roumain.”

Organisé sous le haut patronage du Premier Ministre de Roumanie, le programme musical „În oglinda clipelor” (Dans le miroir des moments), longuement préparé par le maître, a réuni les plus prestigieuses personnalités politiques et culturelles de Bucarest, parmi lesquelles l’ancien Président Emil Constantinescu, le Chef du Cabinet du Premier Ministre Dorin Marian, sénateurs et députés, représentants du MAE et des corps diplomatiques, académiciens, étudiants et élèves, sans compter de nombreux intellectuels de Bessarabie, dont le poète Grigore Vieru et Madame l’Ambassadeur de République de Moldavie Iuliana Gorea Costin, des amis et des amoureux du grand compositeur d’au delà du „Prut” et d’au delà du „Nistru”.

Peu connu en Roumanie, les spectateurs ont découvert la virtuosité d’un créateur de génie, représentant glorieux de la vigoureuse « famille roumaine de l’est », qui les impressionnait avec les inflexions de ses chansons. Nous nous devons de préciser que les interventions directes de l’artiste, seul (en interprétant la célèbre valse du film „Dulcea şi tandra mea fiară”) ou en duo („Addio”, avec la soliste Svetlana Mareeva, et „Eterna” avec le chanteur au Flûte de Pan, Vasile Iovu) ont soulevé un enthousiasme général qu’il est difficile de décrire.

Les organisateurs et les sponsors de cet événement exceptionnel ont tenu à inscrire ce spectacle dans la série des manifestations dédiées à la commémoration des 90 ans de l’union.

Au-delà de tout repère temporel, la musique d’ Eugen Doga, composée „avec l’amour des hommes”, comme aime dire le Maître, avec de profondes et fraîches résonances des „chants non chantés et non écoutés de la mère” des martèlements des cloches et soupirs des monastères et des forêts des voïvodes de la Moldavie, flottait comme une lumière au dessus des têtes et des esprits des spectateurs, dispersant les maux de la séparation, se versant comme un torrent intarissable vers les coeurs de tous et les conquérant pour toujours.

En témoignage de profond respect, toutes les apparitions du Maître furent saluées par une assistance debout. Submergé de fleurs, d’applaudissements et d’ovations le concert s’acheva dans un triomphe.

Sans aucun doute, la musique Eugen Doga est un encouragement et un argument fort qui atteste que nous avons le droit d’espérer sans cesse à un futur meilleur. Pour nous tous et pour la région où nous vivons.

 

Ioan Popa,

Elena Luiza Popa