Interview avec Monsieur Mihai Cimpoi, académicien et président de l’Union des Ecrivains de République de Moldavie
Rédaction : Nous sommes à Targoviste à l’occasion des « journées de la ville de Chisinau ». Pour quoi ce déplacement ? Que représente cet événement ?
M. Cimpoi : Tout d’abord il s’agit d’un dialogue des valeurs roumaines sous le signe de l’intégration dans l’Union Européenne. La littérature roumaine de République de Moldavie fait un corps organique avec la littérature roumaine et la culture roumaine. C’est un événement extraordinaire, de grandes proportions. Parmi les personnes venues, il y a aussi des écrivains. Mon collègue Iulian Filip va lancer quelques livres, moi aussi je vais en lancer un dans lequel j’écris aussi sur les auteurs de Targoviste, comme par exemple Ion Heliade Radulescu.
Il y a aussi des troupes de théâtre, comme par exemple les représentants de « Satiricus I. L. Caragiale » qui sont les seuls qui ont mis en scène toutes les pièces de l’écrivain Ion Luca Caragiale.
Il y a aussi nos maisons d’édition qui participent aux foires internationales du livre, on voit des acteurs, des groupes de musique traditionnelle, populaire, des chanteurs classiques comme Mihaile Munteanu, des expositions de livres, des spectacles pour les enfants etc.
Tous les beaux-arts de Chisinau sont venus à Targoviste ! En février 2007, Targoviste viendra à Chisinau…..
Je dois préciser que Targoviste est une ville importante, historique, un centre culturel, et c’est l’ancienne capitale de la Valachie.
Rédaction : Mais quel est le point de convergence entre les deux villes ? Pour quoi cet événement à lieu à Targoviste et pas à Bucarest ?
M. Cimpoi : Entre les deux villes il y a de nombreuses relations culturelles, même dès le XIXème siècle. Mon collègue Iulian Filip vous en dira davantage.
Interview avec Monsieur Iulian Filip
Rédaction : Bonjour, vous êtes Monsieur Iulian Filip, vous êtes un artiste de la République de Moldavie ? Veuillez vous présenter, s’il vous plaît.
M. Filip : Je suis un artiste complexe : poète, dramaturge, je m’occupe aussi du graphisme, du folklore. J’ai été pendant 16 ans en charge du département de la culture de Chisinau. Ces questions : pourquoi pas à Bucarest ou à Iasi (qui est proche de Chisinau), on les avait anticipées. Même s’il n’y a pas beaucoup de monde qui le sait, il y a de nombreux échanges culturels entre les 2 villes. Par exemple, les collaborations entre les bibliothèques. Nous avons la bibliothèque « Targoviste » grâce à cette collaboration. Les livres édités en roumain sont très importants pour les « bessarabiens », c’est un problème délicat. Pour chaque habitant il y a 2 livres en roumain et 17 en russe. Cela représente un cataclysme spirituel permanent. Les maisons d’éditions privées publient des livres en roumain en proportion de 90% du montant des livres de République de Moldavie.
La normalité c’est que les deux peuples soit unis culturellement, indifféremment du fait qu’il y ait deux entités étatiques.
Note de la rédaction : le protocole a des droits qui obligent les interviews à s’abréger ! nous reprendrons celui-ci à la prochaine occasion !